Rachel Ndjondjo a interviewé Walter Varela, joueur des Portland Hearts of Pine, pour Amjambo Africa.

Arrivé il y a dix ans dans un pays où les immigrés ne sont pas toujours accueillis avec dignité, Walter Varela a su s’imposer par son talent et sa persévérance. Aujourd’hui joueur des Hearts of Pine, il revient sur son parcours, ses défis et ses ambitions. Rencontre avec un footballeur passionné, déterminé à faire honneur à son équipe et à sa communauté.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours et de ce qui vous a amené à rejoindre l’équipe des Hearts ?

Walter Varela : J’étais dans une autre équipe, et c’est l’assistant de cette formation qui a parlé de moi au coach des Hearts of Pine. Celui-ci a accepté de me voir pour un test. J’ai passé un premier essai, puis un second. Le coach a apprécié ma prestation et, à partir de là, j’ai été retenu dans cette équipe. J’en suis fier et heureux.

En tant que joueur immigré, quelles ont été les principales difficultés que vous avez rencontrées dans votre carrière ?

Walter Varela : Je n’ai pas eu beaucoup de difficultés professionnelles, mais la barrière de la langue a été un vrai défi. À mon arrivée, je ne parlais presque pas anglais, et la communication était compliquée. J’ai travaillé dur pour apprendre et j’ai fini par briser cette barrière. Aujourd’hui, je m’exprime bien et ça m’aide énormément.

Que représente pour vous le fait de jouer et représenter un pays où les immigrés ne sont pas toujours traités avec dignité ?

Walter Varela : Cela m’énerve beaucoup. Je vois comment les immigrés sont maltraités dans ce pays, et ce n’est pas juste. Je suis arrivé ici avec tous mes papiers, mais je comprends ceux qui quittent l’Afrique pour chercher refuge. Nous savons ce que l’on endure là-bas. Les immigrés viennent ici pour protéger leur vie et celle de leurs enfants. Ce qui se passe actuellement à leur égard est profondément injuste.

Est-ce que cette réalité vous affecte personnellement ou professionnellement ?

Walter Varela : Personnellement, je ne suis pas directement concerné grâce à mon statut actuel. Mais émotionnellement, oui, je suis touché. Je vois des proches et des amis souffrir. Beaucoup d’immigrés vivent des situations extrêmement difficiles, et cela me fait très mal.

Pensez-vous que ces défis vous découragent parfois, ou au contraire, vous motivent à travailler encore plus dur ?

Walter Varela : Non, cela ne me décourage pas, au contraire. Ça m’encourage à travailler encore plus dur. Je suis reconnaissant d’avoir eu la chance de jouer dans ce pays. Même si les immigrés vivent des moments difficiles, ma motivation reste la même. Je continue à donner le meilleur de moi-même, car je sais que beaucoup aimeraient être à ma place.

Quels sont vos rêves et vos objectifs pour la suite de votre carrière ?

Walter Varela : Je vis déjà l’un de mes rêves : évoluer dans une équipe professionnelle. Mais je veux aller plus loin. Je veux progresser encore, exceller davantage. Et surtout, je veux réaliser le rêve de mes frères, qui voulaient eux aussi jouer dans des clubs professionnels. À travers mon parcours, je porte aussi une partie de leurs espoirs, et ça me pousse à travailler encore plus dur.

Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes immigrés qui aspirent à devenir joueurs professionnels ?

Walter Varela : Je leur dirais de croire en eux, de ne jamais abandonner. Même si ce pays ne traite pas toujours bien les immigrés, cela ne doit pas les détourner de leurs rêves. Qu’ils persévèrent, qu’ils travaillent dur, et qu’ils n’oublient jamais qu’avec la foi et la détermination, rien n’est impossible.