“Je suis heureuse qu’il y ait maintenant une conversation au sujet de l’accueil des nouveaux immigrants à Bangor,” dir Angela Okafor, avocate pour l’immigration et propriétaire de Tropical Tastes and Styles International Market. “Il y a quelque chose qui commence ici.” Originaire du Nigéria, Mlle Okafor est arrivée à Bangor avec son mari en 2008. Elle venait juste de terminer ses études en droit au Nigeria. “Au Nigéria, étudier le droit posait un défi. La société attend certaines choses des femmes. Mais je ne suis pas une personne qui obéit aux règlements!” Aujourd’hui, huit ans plus tard, elle a trois jeunes enfants. Elle a ouvert son propre bureau d’avocats en août 2016, et elle a rejoint le Maine Multicultural Center au même moment.
‘Ne me dites pas que je suis folle,” elle se souvient avoir dit à ses amis à la fin de l’année 2016, “Mais je songe à ouvrir un marché africain.” Après avoir mieux réfléchi, elle révisa un peu son idée originale. “Il y avait déjà assez de ségrégation des communautés dans le Maine. Alors je vais créer un marché international!” C’est ce qu’elle a fait, ajoutant ainsi “propriétaire d’un commerce” à la liste de tout ce qu’elle avait déjà accompli. Le marché a ouvert en janvier 2017 et il est maintenant bien établi à Bangor.
Pendant l’heure que j’ai passée dans le marché un samedi après-midi, j’ai pu observer que le commerce marchait bien. En plus des clients habituels qui venaient faire leurs courses, il y avait aussi un jeune couple avec un petit enfant qui venait de déménager à Brewer trois semaines auparavant, et qui avait cherché en ligne un marché international. Ils regardaient les produits dans les rayons, remplissant leurs paniers. Mykayla Hoggard, une jeune habitante de Bangor, s’est assise dans la chaise du salon de coiffure pendant que Mlle Okafor, qui avait appris comment faire les tresses africaines afin de pouvoir offrir ce service à ses clients, posait des extensions de dreads synthétiques aux cheveux de Mykayla.
La vie à Bangor n’a pas toujours été facile pour Mlle Okafor, surtout les premières années. Venant juste de finir ses études en droit, elle avait hâte de trouver un emploi d’avocate. Cependant, il lui fut impossible de trouver une place dans cette profession à Bangor. “On questionnait tout sur moi,” et l’ignorance de ceux qui la questionnaient l’étonnait. On lui demandait par exemple s’il y avait autre chose en Afrique à part le Sahara; ou bien on pensait que l’Afrique était un pays, et non pas un continent. Les futurs employeurs ne prenaient pas l’éducation qu’elle avait reçue au Nigeria au sérieux. “On ne me prenait pas au sérieux dans le Maine.” On lui dit qu’elle ne pourrait pas passer l’examen du Barreau sans une vérification minutieuse de toutes les classes qu’elle avait prises à l’école de droit pendant ses deux ans d’études. Enfin, elle put passer l’examen du Barreau de New York et elle réussit. Son cabinet, Le Cabinet d’Avocats Okafor, se spécialise en droit de l’immigration, qui est un droit fédéral.
“ Vous pouvez choisir: soit les épreuves de la vie vous casseront, soit elles vous formeront,” dit elle en travaillant les cheveux de Mykayla. Il est évident que l’attitude de Mlle Okafor est positive- on peut sentir son énergie dans son accueil chaleureux quand un client entre dans son marché. Son énergie est contagieuse et l’ambiance dans le magasin est joyeuse. “J’adore rencontrer les gens et discuter, “ dit-elle avec un grand sourire, “et ce n’est pas juste un commerce pour moi. C’est aussi un endroit où j’aide les gens à se retrouver, à prendre contact les uns avec les autres. Il faut que les femmes soient heureuses si elle veulent garder leurs familles dans le Maine. Il faut qu’elle puissent avoir accès à ces services- la coiffure, la nourriture qu’elles aiment, les vêtements africains.” Okafor croit que si Bangor devient une ville accueillante pour les nouveaux arrivants, alors cela rajeunira l’économie. Elle donne comme exemple récent un couple qui pensait déménager de Boston à Bangor pour un travail. La femme ne voulait pas venir, mais son mari est entré dans le magasin pour regarder, et cela a fait une différence pour tous les deux.
Le magasin est international, avec des produits venant d’Asie, des Caraïbes, d’Amérique du sud, d’Afrique. Elle essaie d’aider les clients à trouver les produits et les marques qui leur manquent le plus. Par exemple, elle n’offre pas une seule variété de curry, mais des poudres de curry venant d’Inde, des Caraïbes, et d’Afrique. Quand Mlle Okafor a réalisé que ses clients ne pouvaient pas trouver des vêtements africains, elle a alors acheté une machine à coudre et elle a appris à coudre. Elle a désormais sa propre collection qui inclut des tissus africains avec des couleurs vives utilisés pour faire des pantalons, des jupes, et des hauts. Quand Myyayla avait besoin d’un rajout de cheveux pour la coiffure qu’elle souhaitait avoir, Okafor l’a commandé pour elle. Okafor prend des commandes sur la page Facebook Tropical Tastes and Styles LLC – International market . “Contactez moi et dites moi ce dont vous avez besoin,” dit elle. “J’essaierai de le trouver, et quand j’aurai le produit, je vous enverrai un message pour vous dire qu’il est arrivé au magasin.”
Okafor dit que parmi ses clients, il y a beaucoup de gens locaux. “Les gens à Bangor aiment essayer de nouvelles choses. Ils veulent goûter à des aliments qui ont beaucoup de saveur. Et nos produits sont pour la plupart biologique,” dit elle. ‘Nous n’utilisons pas beaucoup de produits chimiques en Afrique. On trouve de tout ici.”
Le site internet du cabinet d’avocats d’Angela Okafor est www.okaforlaw.com et son marché se trouve au 347 Harlow Street, à Bangor. Elle reçoit les clients au cabinet le matin et le marché ouvre à midi, du mardi au samedi.