
La communauté congolaise du Maine a un nouveau président. Patrick Mulonda a été élu le 9 novembre dernier lors d’une élection contestée par son prédécesseur, Mardochée Mbongi. Ce dernier parle d’une élection « irrégulière, monolithique, minoritaire et partielle ». Il affirme que cette élection a été organisée alors que plus de 500 membres de la communauté congolaise du Maine connue comme COCOMAINE avaient signé un document en faveur d’une période de transition pour d’abord doter cette association d’un règlement qui s’inspire de la loi américaine en termes de règlements d’ordre intérieur régissant les associations à but non lucratif aux Etats-Unis.
Patrick Mulonda, l’actuel président de COCOMAINE
« Il y a eu une velléité imposée contre la majorité dont les 500 et plus de personnes qui ont signé la pétition, qui ne voulaient pas qu’il y ait des élections dans ce contexte de crise délibéré pour qu’une réforme soit faite dans le cas de la communauté congolaise de Maine, afin que les élections soient inclusives », a déploré Mardochée Mbongi dans une interview accordée à Amjambo Africa.
M. Mbongi a partagé avec Amjambo Africa une liste de 500 individus qui avaient signé une pétition en faveur du report de l’élection du 9 novembre 2024 mais notre rédaction n’a pas été en mesure de vérifier toutes les identités des personnes mentionnées sur ladite liste. A la tête de COCOMAINE depuis septembre 2022, Mardochée Mbongi admet que son mandat devrait prendre fin en septembre 2024. Toutefois, il parle de réformes qu’il avait engagées et qui devraient être implémentées par son équipe dans une période de transition avant la tenue d’une nouvelle élection.

Mardochee Mbongi, l’ancien président de COCOMAINE
Reproches
Patrick Kambu Mbenza, président du conseil d’administration qui a supervisé toutes les activités qui ont conduit à l’installation du nouveau représentant des Congolais du Maine, dit que tout le processus s’est déroulé dans la transparence. Il reproche à l’ancien président d’avoir voulu s’éterniser à la tête de COCOMAINE.
« On l’a approché plusieurs fois pour lui dire qu’aux Etats-Unis les choses ne se passent pas comme ça-le conseil a son rôle (à jouer). Quand il s’est rendu compte qu’il était en tort, il a commencé à raconter que le conseil n’existait pas. Nous avons un président qui n’a jamais fait rapport un seul instant de tout ce qu’il a eu à faire. On a eu aucun rapport financier, aucun rapport d’activités durant tout son mandat », accuse Patrick Kambu Mbenza.
Et d’enfoncer le clou : « On ne connaît pas l’état réel de la communauté. Il n’a jamais organisé une assemblée générale chaque année comme le prévoient les statuts. Il a fait tout selon lui, à sa manière ».
Avant la tenue de cette élection, le président du conseil d’administration de COCOMAINE ,reproche à Mardochée Mbongi de s’être rétracté après un consensus sur une commission mixte de six personnes qui devraient organiser une élection « inclusive ».
La communauté d’abord

Mardochée Mbongi dit que les intérêts de la communauté doivent prévaloir sur ceux des individus. « La communauté à ce niveau doit être dirigée par une seule personne et non deux personnes. C’est pourquoi l’hypothèse de deux présidents, c’est une hypothèse que je suis en train d’étouffer. C’est ce qui m’oblige maintenant à commencer à m’effacer au profit de celui qui a été élu contre notre volonté, justement parce que nous ne voulons pas qu’il y ait cette impasse qui soit destructive… », a fait savoir M. Mbongi. Il dit qu’il a évité à ce que la COCOMIANE puisse scinder en deux ou trois associations « même si les Congolais peuvent décider de créer plusieurs associations ».
« Je veille à ce que la communauté congolaise de Maine en tant qu’association, en tant qu’organisation reste unie », a insisté Mardochée Mbongi qui ajoute que « nous avons refusé qu’il y ait une fraction de la communauté. Il faut que la communauté demeure unie, une et indivisible ».
Mardochée Mbongi affirme que son successeur a des ambitions pour servir la communauté. Il qualifie Patrick Mulonda comme « un compatriote qui a une bonne posture, une belle image mais qui a été élu dans un mauvais contexte ».
Mbongi et Mulonda se parlent déjà et le premier a dit avoir déjà déposé sa démission puisqu’il ne reconnaît pas toujours l’élection qui a porté le second à son ancien fauteuil.
Le président du conseil d’administration, également décrié par Mardochée Mbongi, a confirmé à Amjambo Africa que les deux hommes se parlent. Même si Mbongi n’a pas brigué un second mandat, les textes de COCOMAINE le lui autorisaient.
Inauguration

Patrick Mulonda, nouveau président de la Communauté congolaise du Maine (COCOMAINE), a pris ses fonctions le samedi 14 décembre 2024. La cérémonie d’inauguration a eu lieu dans la ville de Portland.
« Nous célébrons le triomphe non pas d’un candidat ni d’un clan mais d’une cause, celle de la démocratie… » a déclaré M. Mulonda lors d’une cérémonie également riche en chants et danses culturels de la RDC.

Et d’ajouter: “la volonté de la majorité du peuple congolais de Maine a été entendue et prise en compte depuis le 9 novembre 2024. »Un peu plus tôt avant sa prise de fonctions officielle, le nouveau patron de COCOMAINE avait confié à Amjambo Africa dans un entretien téléphonique que la cérémonie de remise et reprise » dans un climat apaisé « , est le fruit d’une période de transition d’un mois durant laquelle le camp de son adversaire et son équipe ont discuté avec l’aide de médiateurs. Mardochee Mbongi a participé à la cérémonie de remise et reprise.





