L’Association Mahoro du Maine a eu sa réunion annuelle le 12 janvier dernier au Centre Chrétien de Bethel: une centaine d’hommes, femmes et enfants se sont rassemblés pour célébrer la nouvelle année 2019. Ils ont remercié Dieu pour leur bonne santé et pour la vie qui leur a été donnée; on a accueilli les nouveaux arrivants dans le Maine et des propriétaires d’entreprise africains ainsi que des dirigeants d’associations à but non lucratif ont présenté leurs services à l’audience. Tout le monde s’est régalé avec la nourriture délicieuse qui était servie. Le Comité des Femmes s’est réuni afin d’élire un nouveau président et tous les amis et les familles ont pris le temps de faire connaissance.

Mahoro est une organisation nationale qui a des chapitres dans plusieurs états des Etats-Unis. Le chapitre du Maine a été fondé en 2014 et a été récompensé pour son travail excellent. L’année dernière, en plus de ses efforts pour assister les nouveaux immigrants du Maine, le chapitre Mahoro du Maine a levé des fonds pour contribuer à la reconstruction des maisons dans des villages qui avaient été complètement brûlés et détruits dans la République Démocratique du Congo. Son président est Monsieur Jakunzi Bisengimana. La réunion annuelle a été arbitrée par Gapapa Leo. Papy Bongibo, le président de l’Association Congolaise du Maine (COCOMaine), était aussi présent.

Monsieur Bisengimana a remercié Monsieur Bongibo pour sa participation, notant que COCOMaine représente bien tous les Congolais du Maine. Monsieur Bingibo a partagé un message fort d’unité.

Sur son site internet,  on lit que “Mahoro est une organisation dévouée à apporter la paix et le bien-être social à tout citoyen de la République Démocratique du Congo sans discrimination selon son origine ethnique de souche. La RDC a enduré une guerre civile et des troubles qui ont détruit l’unité sociale du pays et ont provoqué une querelle entre des groupes ethniques. La manipulation politique des identités ethniques a semé la haine parmi divers groupes ethniques des provinces de l’est du pays des régions du Nord et du Sud Kivu. Notre organisation croit qu’une paix durable sera seulement possible quand tous les citoyens pourront recevoir une même protection de la loi et une même égalité des chances ainsi que la liberté d’exercer leurs droits sans discrimination.” Dans la région du Sud Kivu, Mahoro s’efforce de promouvoir une société dans laquelle une cohabitation paisible serait une réalité, malgré les différences qui y existent. On devrait considérer notre diversité culturelle et linguistique comme une source de richesse et non comme un facteur de marginalisation et de discrimination.

L’inauguration de Janet Mills marque le début d’une nouvelle époque dans le Maine

“ Umwami mwiza akamari rubanda rwose, abakene nabakire” “Un bon dirigeant est impartial et aide chaque membre de sa nation, qu’il soit riche ou pauvre.”

Parmi les invités présents à l’inauguration historique de la première femme gouverneur dans l’histoire du Maine, le 2 janvier au Civic Center à Augusta, on pouvait voir des représentants de la communauté des immigrants. Ceux qui ont parlé avec Amjambo Africa! après la cérémonie ont dit que c’était la première fois qu’ils avaient été invités à un évènement politique d’une telle importance dans le Maine. Le 4 janvier, plusieurs immigrants ont aussi été invités par Gouverneur Janet Mills au bal inaugural. Ils se réjouissaient d’avoir été accueillis aux deux événements et ont partagé leur soulagement à l’idée que les huit dernières années de mandat du Gouverneur Paul LePage soient désormais terminées et qu’une nouvelle période plus inclusive ait commencé dans le Maine.

Ces enfants africains ont participé à la cérémonie d’inauguration: Alain Igiraneza, élève au lycée de Casco Bay, originaire du Burundi, qui a chanté l’hymne national; Shy Paca et Natalia Mbadu, originaires respectivement de l’Angola et de la République Démocratique du Congo, toutes les deux élèves à l’école Reiche, qui ont chanté “Girl on fire” par Alicia Keys. Ces vibrants  chants des enfants venaient du coeur et la foule s’est même levée pour les accompagner. Un groupe de batteurs et danseurs du Burundi, établi à Portland, Batimbo United, a aussi joué au bal inaugural.

L’élection de Gouverneur Mills reflète combien le processus électoral américain diffère de celui que les Africains connaissent chez eux. Dans les pays africains,  la passation de pouvoir après des élections est souvent accompagnée d’allégations de fraude électorale. Par conséquent, le risque (ou les rumeurs) de troubles civils et de conflits entraîne le peuple à avoir peur plutôt qu’à vouloir célébrer. Les gens restent alors chez eux pendant les jours suivant une élection, parce qu’ils craignent que ne se produise de la violence dans les rues. Les nouveaux Mainers qui sont nés et ont grandi sous un régime dictatorial ou corrompu, apprennent beaucoup de la passation paisible de pouvoir qui a lieu dans le Maine. Ils ont remarqué que la semaine de l’inauguration dans le Maine était joyeuse et paisible, et sont impressionnés d’observer comment le processus démocratique fonctionne aux Etats-Unis.

On a bien ressenti les valeurs d’unité que Janet Mills représente pendant les événements de la semaine d’inauguration. Elle a partagé son intention de changer la pancarte qui se trouve à l’entrée de l’Etat, en arrivant du Nouveau Hampshire, avec un nouveau message “Bienvenue chez vous”: celui-ci résonne profondément chez les immigrants qui sont venus construire une nouvelle vie dans le Maine.

Photos By: Kathreen Harrison