Par Jean Damascene Hakuzimana

Quatre-vingt mille doses du vaccin Johnson and Johnson sont arrivées en Afrique du Sud le mardi 16 février. Un jour plus tard, l’Afrique du Sud a commencé à vacciner les travailleurs de la santé au Cap, apportant l’espoir au pays africain le plus ravagé par COVID-19. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a salué l’arrivée du vaccin comme une étape importante dans la lutte contre la pandémie.
Dans un effort pour contrer la désinformation massive entourant le vaccin, le Président Ramaphosa, le Ministre de la Santé Mkhize et le Vice-Ministre de la Santé Phaahla ont été parmi ceux qui ont reçu les premières doses. « Prenez ceci, afin que nous puissions tous être en sécurité et en bonne santé », a déclaré le président Ramaphosa à ses compatriotes sud-africains. L’Afrique du Sud est le premier pays à avoir administré le vaccin Johnson and Johnson.

Le géant économique a été sévèrement touché par le COVID19, avec plus de 48 000 décès dus au virus, et les récentes mutations rendant le pays encore plus vulnérable. Toutefois, Al Jazeera rapporte que les vaccins mis au point par Johnson et Johnson (57 % d’efficacité) et Novavax (50 % d’efficacité) se sont avérés efficaces contre cette variante.

L’Afrique du Sud a obtenu neuf millions de doses du vaccin de Johnson and Johnson après avoir interrompu les négociations avec le vaccin Oxford/AstraZeneca, qui s’est avéré moins efficace par rapport à la nouvelle variante. Le pays espère vacciner au moins 67% (40 millions) de sa population d’ici la fin de l’année, et a obtenu 20 millions de doses du vaccin Pfizer-BioNtech pour l’aider à y parvenir.

Peu d’autres pays du continent africain ont des plans de vaccination aussi ambitieux. Ils doivent plutôt attendre que COVAX – un partenariat international conçu pour garantir un accès équitable aux vaccins pour les pays les plus pauvres – annonce des plans de distribution.

Le Rwanda a commencé son programme de vaccination le 14 février, selon Reuters. Le lendemain, le président Emerson Mnangagwa du Zimbabwe s’est mis à twitter pour annoncer l’arrivée de 200 000 doses de vaccins développés par la société pharmaceutique nationale chinoise Sinopharm. Le Zimbabwe a déclaré qu’il avait réservé 100 millions de dollars pour l’achat de vaccins. L’Algérie, le Maroc, l’île Maurice et l’Égypte ont également commencé à vacciner leurs citoyens.
Alors que les grandes puissances concluent des accords bilatéraux avec les fabricants de vaccins, l’Organisation Mondiale de la Santé avertit que ces accords pourraient rendre le vaccin COVID-19 inaccessible et inabordable pour les pays pauvres d’Afrique. L’Independent rapporte que le Dr Matshidiso Moeti, Directeur Régional pour l’Afrique à l’Organisation Mondiale de la Santé, a averti que la pandémie sera stoppée par une approche « Nous d’abord au lieu de Moi d’abord ». Le programme COVAX prévoit d’envoyer 1,3 milliard de doses de vaccin COVID-19 à 92 économies à faible revenu d’ici la fin 2021.

Certains pays n’ont montré aucun intérêt pour la mise en place de programmes de vaccination. Le président de la Tanzanie, John Magufuli, a refusé les vaccins COVID-19. Pendant ce temps, Voice of America rapporte que Seif Sharif Hamad, le Vice-Président de l’île tanzanienne de Zanzibar, est mort le 17 février après des semaines de lutte contre COVID-19.