Nsiona Nguizani, le Président de la Communauté Angolaise du Maine, estime que plus de 2500 Angolais vivent dans notre état, et qu’il y a 620 cas de familles qui ont demandé l’asile. “Chaque Angolais qui habite dans le Maine a dû quitter son pays pour une raison,” dit-il, “et le sentiment de peur qu’ils apportent avec eux est le résultat de ce qu’ils ont vécu en Angola.” Avec l’aide de Manuel Kiambuwa, son vice président, M. Nguizani espère changer ce sentiment. “Nous voulons encourager les nouveaux venus à utiliser leurs compétences pour aider le Maine. Les Angolais sont intelligents, et ils ont beaucoup à offrir. Nous souhaitons que nos concitoyens se réunissent et unissent leurs forces pour aider l’état qui nous a accueillis dans des moments de besoin.”

Kiambuwa et M. Nguizani insistent tous les deux sur le fait que les Angolais vivent dans la peur dans leur pays, et qu’ils apportent avec eux ce sentiment lorsqu’ils viennent dans le Maine. “Le gouvernement ne travaille pas pour vous, c’est un régime dictatorial qui travaille pour lui-même,” disent-ils. Ils nous expliquent qu’en Angola les gens ont peur de la police, de partager librement leurs opinions, de participer aux rassemblements politiques, des tribunaux, des juges. Si on voit un journaliste venir vers soi en Angola, on part en courant, et ils ajoutent qu’on peut être tué simplement pour avoir exprimé ses opinons.

 

Kiambuwa et Nguizani disent que ce dont leur communauté a le plus besoin est de pouvoir se sentir en sécurité dans le Maine, et que le système est différent ici de ce qu’il était en Angola, et que tout le monde, les Angolais inclus, ont des droits légaux. “On doit leur répéter qu’ils sont en sécurité ici”, expliquent-ils, mais ils ajoutent aussi que c’est très difficile pour ces personnes de se débarrasser de cette peur. Cependant, Kiambuwa et Nguizani ont de grands espoirs pour la communauté angolaise du Maine. “En Angola, le gouvernement voulait que l’on reste divisés, alors nous ne pouvions pas être unis et travailler ensemble pour obtenir un meilleur système. Le résultat est que nous n’avons pas une histoire unie, et cela prend du temps de construire une nouvelle mentalité. Ici, dans le Maine nous apprendrons à travailler ensemble,” dit Nguizani.

 

Les deux hommes se sont rencontrés dans le Maine, et Kiambuwa était si impressionné par l’intelligence et les compétences de Nguizani qu’il a réussi à le convaincre de se présenter aux élections. “Si vous êtes intelligent, vous devez partager vos connaissances,” dit-il, ajoutant, “il est l’homme qu’il nous faut.” Le vice président que Kiambuwa avait nommé s’est retiré au dernier moment, alors Kiambuwa a pris le poste à sa place.

« Nous faisons une bonne équipe,” dit-il, “Je suis sociable, il est plus réservé. Nguizaîi est d’accord. “Je suis un introverti. Je passe la plupart du temps à réfléchir et à écrire sur comment je peux aider la jeune génération-comment puis-je me rendre utile aux autres-nous souhaitons que la prochaine génération brille!”

 

La communauté angolaise du Maine est restée endormie pendant un moment, et son statut legal a expiré, donc après avoir remporté les élections, les nouveaux officiers se sont concentrés d’abord sur ré-inscrire l’association auprès de l’état. Il faut commencer maintenant le dur travail de construction de l’association à partir de l’intérieur. Mais ces deux hommes vont persévérer, et ils sont déterminés à rassembler les gens et à développer l’association. Avant toute chose, ils veulent que les Angolais qui viennent juste d’arriver dans le Maine savent où aller s’ils ont besoin d’aide. Ils disent que tout Angolais qui vit dans le Maine devient automatiquement membre de la Communauté, néanmoins ils remarquent qu’en Angola les gens craignent les associations, et ont peur de se rassembler, donc il sera important pour eux de surmonter leur peur pour le bien de l’association. “La Communauté est nécessaire,” dit Nguizani. “On ne peut pas réussir seul ici aux USA.” Les deux hommes s’entendent sur les objectifs principaux. “Notre organisation n’existe pas seulement pour faire des fêtes, ou aider avec des funérailles. En plus de ces évènements, nous souhaitons changer le Maine, d’une manière positive, en re-donnant à l’état. Nous voulons aider nos Angolais à intégrer la main d’oeuvre et nous voulons que nos familles envoient les enfants aux écoles locales pour qu’elles restent ouvertes.”

 

Nguizani and M. Kiambuwa sont dans le Maine depuis en tout dix ans tous les deux, et ils sont d’excellents exemples de l’intelligence et du courage dont le Maine a besoin dans la main d’oeuvre. M. Nsiona Nguizani est arrivé en premier, en janvier 2012. On lui a accordé l’asile, et il est maintenant un résident permanent, marié, avec trois fils qui vont à l’école à Portland. Quand il vivait encore en Angola, où il étudiait la médecine et le commerce, il faisait partie des 1% de la population ayant reçu un diplôme universitaire. Il avait une carrière accomplie en tant que chef de projet pour une ONG médicale et il a aussi travaillé pour des organisations comme UNICEF, USAID, et l’Union Européenne, se déplaçant entre ses bureaux à Paris et à Lunanda. Après avoir dû fuir l’Angola à cause des troubles politiques, il s’est rendu compte une fois arrivé aux USA qu’il devrait recommencer ses études depuis le début afin d’atteindre le même niveau de vie que celui dont il jouissait en Angola. Il a persévéré et s’est mis à apprendre l’anglais. Etant sur une liste d’attente à la Formation Adulte de Portland (Adult Education) pendant six mois, il a décidé d’apprendre tout seul, et il a sorti des livres de la bibliothèque, pour se preparer à passer le GED-le diplôme d’études secondaires. Il l’a passé au printemps 2013 avec succès. Ensuite, il a reçu un BTS en Gestion de Southern Maine Community College (SMCC) et une Licence en comptabilité et en économie à l’université de Southern Maine (USM). Lorsqu’il était à USM, il a découvert une nouvelle passion. “Je suis tombé amoureux des sciences économiques. Cela me donne une vision large du monde,” dit-il. Il travaille en ce moment à l’hôpital Maine Med au service de support technique des soins des patients, mais il est en train de changer de travail.

 

Manuel Kiambuwa est arrivé dans le Maine en 2016 à l’âge de 25 ans. Le seul fils encore en vie d’une famille de six enfants, il a postulé pour la loterie de la diversité, et sur 2000 Angolais qui avaient postulé, il fut l’un des quatre choisis, et l’un des trois à venir s’installer aux USA. Il venait de terminer trois ans d’études universitaires en Angola avant d’émigrer, et une fois arrivé, il chercha à continuer son éducation- il savait qu’il aurait besoin d’un diplôme afin d’avoir une bonne carrière. Après avoir pris ses repères, il fut volontaire pendant un moment à la Formation Adulte (Adult Education) de Lewiston, en enseignant l’informatique et la technologie. Il déménagea ensuite à Portland, où il travailla dans l’entretien à l’hôpital Maine Med pendant six mois. Joueur exceptionnel de football, il fut invité à joindre le club de football de Boston, et il y a vécu pendant quelque temps, mais comme la vie à Boston est très chère, il décida qu’il était trop âgé pour commencer une carrière professionnelle dans ce sport. Il est donc revenu dans le Maine, résolu à trouver un travail dans la direction sportive. Il est entraineur de football au lycée Poland Regional, et il y enseigne le portugais et des compétences de base d’informatique-comme savoir utiliser Microsoft Word et faire des courriers électroniques- tout en préparant un diplôme en Gestion administrative et en Management Sportif à SMCC. M. Kiambuwa et M. Nguizani ont fondé ensemble un Fond International pour le Développement et la Modernisation de l’Angola (FIDMA) à but non lucratif, dont le but est de récolter des dons venant du monde entier afin d’aider les Angolais dans le besoin qui vivent encore dans leur pays, et d’y construire des écoles, des terrains de jeux, des centres sportifs qui aideront les jeunes à réaliser leurs rêves. M. Kiambuwa souligne que cela n’est pas suffisant pour bien vivre en paix dans le Maine, mais que ceux qui ont fui l’Angola ne devraient pas oublier ceux qu’ils y ont laissé, et devraient essayer de les aider. Il rêve de créer des échanges entre l’Angola et les Etats-Unis, et de voir les deux pays apprendre l’un de l’autre. “Nous voulons montrer à la communauté, à l’état, au pays qui nous sommes et ce que nous pouvons offrir. En tant que communauté, nous voulons nous associer à l’état, et apporter du positif et des bénéfices au Maine. “

 

L’Angola compte une des communautés d’immigrants dans le Maine qui grandit le plus vite, venant d’un pays de 30 millions de personnes, où seulement 4 à 10 % de la population est éduquée. Ceux qui ont fui leur patrie à cause des abus qu’ils ont endurés aux mains de leur gouvernement et qui sont arrivés sains et sauf dans le Maine représentent le courage et la force. La nouvelle direction de la Communauté Angolaise du Maine espère faciliter la transition à une vie fructueuse ici, une vie qui sera également bénéfique au Maine. Pour les contacter, allez voir la page Facebook de la Communauté Angolaise du Maine.