By Jean Damascene Hakuzimana

Les partis politiques rivaux s’affrontent à l’approche des élections présidentielles et législatives qui doivent avoir lieu le 20 mai au Burundi, selon China Global Television Network. Aljazeera rapporte qu’il y a eu de nombreux combats, dont une attaque à la grenade qui a tué deux personnes dans un bar de Bujumbura, la capitale du pays, le 11 mai.

Parmi les factions politiques en concurrence, on trouve le puissant parti du président sortant, le Conseil National pour la Défense de la Démocratie – Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD-FDD), et le Conseil National de la Liberté (CNL), principal parti d’opposition, dirigé par Agathon Rwasa, ancien chef rebelle. Des rassemblements et des manifestations de masse sont organisés malgré l’épidémie du COVID-19. Human Rights Watch accuse le parti au pouvoir d’avoir suscité la peur au sein du public tout au long des élections en cours et fait état d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions, de violence sexiste, de torture et d’arrestations arbitraires.

Le pays d’Afrique de l’Est se rend aux urnes après des années de troubles et d’insécurité, suite à la décision de l’actuel président Pierre Nkurunziza de se présenter pour “briguer un troisième mandat” consécutif en 2015, après avoir survécu à un coup d’État militaire de son ancien allié, le général Niyombare. Depuis la tentative de coup d’État, Nkurunziza n’a pas quitté le pays à titre officiel. Autrefois une société ouverte, où les opinions politiques dissidentes étaient fréquemment exprimées publiquement, la répression actuelle du parti au pouvoir semble viser à contrôler la dissidence et à consolider le pouvoir.

Après l’échec du coup d’État en 2015, le Burundi a publiquement accusé son voisin du nord, le Rwanda, d’être impliqué dans la tentative de destitution de Nkurunziza. Le Rwanda a nié avec véhémence ces allégations, et en retour a accusé le Burundi d’abriter un groupe rebelle, la Force Démocratique pour la Libération du Rwanda (FDLR), qui est hostile au Rwanda. La querelle de fait se poursuit, les forces militaires des deux pays continuant d’échanger des tirs erratiques. Le 8 mai, des soldats se sont affrontés à propos d’un passage illégal de la frontière sur le lac Rweru, selon le ministère rwandais de la défense.
Le Burundi a expulsé de temps en temps des fonctionnaires des Nations Unies et de Human Rights Watch, et a maintenant interdit les médias internationaux, tels que Voice of America et la BBC, les accusant de se mêler de la politique intérieure. Le 12 mai, le Burundi a expulsé le chef local de l’Organisation Mondiale de la Santé et son personnel sans citer de raison, selon un rapport de France24.

Le rédacteur en chef de Africa News, Jean Damascène Hakuzimana, a couvert les élections présidentielles et législatives de 2010 sur le terrain au Burundi.