Par Amjambo Africa
Il s’agit d’une histoire vraie écrite par une habitante du Maine. Elle est mère de deux jeunes garçons et a demandé à partager son histoire via Amjambo Africa.
Portland, Maine – Depuis quelque temps, les masques tombent. Autour de nous, les sourires se font plus rares, les regards se durcissent et les silences deviennent plus lourds. Nous réalisons aujourd’hui que certaines personnes dans cet État ne nous ont jamais vraiment acceptés – elles ont seulement fait semblant de nous accepter. Et maintenant, avec le climat politique qui offre un sentiment d’impunité, leur rejet à notre égard est devenu visible, palpable et brutal.
Nous sommes des immigrants. Pour certaines personnes, ce statut suffit à lui seul à nous refuser le respect, la justice et la reconnaissance de notre humanité.
Nous sommes venus ici pour échapper à la pauvreté, à la violence et parfois à la guerre. Nous sommes venus pour protéger nos enfants, reconstruire nos vies et vivre dans la dignité. Pourtant, aujourd’hui, nous sommes traités comme des intrus, des menaces et des indésirables.
Mon mari, un homme travailleur et digne de confiance, a récemment subi une injustice qui nous a brisés. Du jour au lendemain, son salaire a été réduit et ses heures de travail diminuées. Sans avertissement. Sans explication. Juste une phrase prononcée par le patron : « Acceptez-le ou partez. »
Le patron a prétendu que toute l’équipe avait vu ses heures et son salaire réduits. Mais après vérification, il s’est avéré qu’il était le seul à avoir été visé. Le seul Noir. Le seul immigrant. Une cible évidente et silencieuse dont ils espéraient probablement qu’il démissionnerait discrètement.
Comment ne pas crier contre l’injustice quand les faits parlent d’eux-mêmes ?
Comment ne pas pleurer quand un homme digne, honnête et travailleur est humilié simplement à cause de la couleur de sa peau et de son statut ?
Aujourd’hui, nous vivons dans la peur. Menacés d’expulsion parce que notre loyer est en retard. Mon mari ne gagne plus assez pour tout couvrir. Chaque soir, nos deux garçons s’endorment sans savoir si nous serons encore dans cette maison demain.
Nous vivons dans l’angoisse, l’humiliation et le silence. Et ce silence est peut-être le plus cruel de tous. Car autour de nous, très peu osent s’exprimer, très peu osent nous tendre la main. La société continue d’avancer, indifférente à notre souffrance.
Mais notre souffrance est réelle. Elle a des noms, des visages et des cœurs brisés.
Nous ne demandons pas la charité. Nous demandons simplement qu’on nous voie, qu’on nous entende et qu’on nous traite comme des êtres humains avec dignité, respect et justice.





