Les élections présidentielles sont prévues pour le samedi 16 février et 69 candidats vont s’affronter. Mais les deux principaux candidats  sont le président sortant, âgé de 77 ans, Président Buhari, et Atiku Abubakar, un homme d’affaires billionaire âgé de 73 ans.  Représentant le parti du Congrès des Progressistes (L’APC), Président Buhari est un ancien général de l’armée nigériane. Il avait remporté les élections en 2015 et se représente pour un second mandat. Abubakar est le candidat du Parti démocratique du peuple (PDP). Il avait occupé le poste de vice-président pendant la présidence de Olusengun Obasanjo, de 1999 à 2007.

 

Les Mainers d’origine nigériane qui ont parlé à Amjambo Africa! ont confié que, à choisir entre ces deux candidats principaux, ils supportent le président sortant Buhari. Ils disent en effet que celui-ci a travaillé dur afin d’affaiblir le mouvement terroriste Boko Haram, de lutter contre la corruption et d’améliorer l’infrastructure du pays. Mais ils remarquent que sa faiblesse principale a été de ne pas régler les problèmes économiques. Ils s’inquiètent aussi de son état de santé pendant ces dernières années : il a été malade, et ils craignent que, si cet état venait à s’aggraver, cela ne créerait un sérieux problème pour la nation.

 

Nos sources ont partagé leur inquiétude au sujet du candidat Atiku. Lorsqu’il était vice-président, il a été accusé de corruption et de conflits d’intérêts. Il aurait extorqué des millions de dollars qu’il aurait alors transférés dans les coffres de sa quatrième femme, Jennifer Douglas, désormais une citoyenne américaine qui vit aux Etats-Unis. On lui aurait interdit d’entrer aux Etats-Unis de 2005 jusqu’à cette année, quand il a été pris en photo pendant qu’il rencontrait le représentant de la “House of Representatives Foreign Affairs Subcommittee on Africa” à l’hôtel Trump International à Washington, DC, le 17 janvier dernier. Les Nigérians craignent que, si le billionaire Atiku remporte l’élection, il ne replonge le Nigéria dans une nouvelle période de corruption- ce que contre quoi le pays a essayé de se battre durant des années.

 

Samedi 9 février, un incendie a dévasté un bureau de la commission électorale de l’État du Plateau, dans le centre du Nigeria, six jours avant les élections générales. Des urnes et des bulletins de vote ont été détruits, ainsi que d’autres éléments du matériel électoral. On spécule que l’incendie aurait été provoquée afin de nuire à l’élection. Mais on a promis au peuple que les élections auraient lieu comme prévu, et que tout le matériel détruit serait remplacé à temps. Les élections nigérianes ont connu de la violence depuis des années. D’après l’”International Crisis Group”, 108 personnes ont été tuées dans des scènes de violence associées aux élections de 2015, et 800 personnes ont été tuées en 2011. Les Nigérians espèrent cette fois-ci que le transfert de pouvoir sera calme.

 

Mise à jour!    A seulement cinq heures de l’ouverture des bureaux de vote, la Commission électorale nationale indépendante du Nigeria a estimé qu’il n’était pas possible d’organiser le scrutin dans les conditions actuelles. L’élection  présidentielle prévue ce samedi a donc été repoussée d’une semaine et reportée au 23 février. Beaucoup de Nigérians avaient déjà fait le voyage jusqu’à leur région natale, afin d’être présents le jour de l’élection, et certains ne sont pas sûrs de pouvoir revenir une semaine plus tard. Des “problèmes de logistique” seraient l’explication de la décision de ce report. Les dernières semaines ont été marquées par des incidents de matériel électoral brûlé, par du mauvais temps, et par des scènes de forte violence causant beaucoup de morts. Le président sortant Buhari a exprimé sa déception à la nouvelle que les élections générales étaient repoussées, et son opposant Atiku Abubakar a condamné le changement de date des élections. les deux candidats appellent leurs supporters au calme et à la patience.

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