By Dylan Bess

Baye Cheikh Mbaye (left) and Pape Ndiaye Paamath (right) playing their instruments while Boubacar Ndiaye (middle) tells a story. Photo by author.

Le mardi 26 février, pour leur premier spectacle aux Etats Unis, conteurs-musiciens sénégalais Boubacar Ndiaye, Baye Cheikh Mbaye et Pape Ndiaye Paamath sont venus à l’auditorium Kresge de Bowdoin College pour partager Voyage sans visa (en wolof, Tukki saan suné). Dans cette présentation, alliant musique, danse et chant, griot Boubacar Ndiaye a raconté des histoires d’immigration, et le bonheur, les épreuves et les espoirs qui en résultent.
Les chansons et récits du spectacle, présentés en français et en wolof, ont témoigné des sentiments de quitter un pays familier et les familles et amis qui restent derrière lorsqu’on fait le voyage. Les airs de chant et de musique rendaient autant hommage à leur pays natal de Sénégal qu’à leur pays adoptif. Baye Cheikh Mbaye, percussionniste chevronné, a joué du djembé, du doumdoum, du sabar, du calebasse et du tama (instruments de percussion de l’Afrique de l’Ouest) lorsque Pape Paamath a joué de la guitare. Comme Boubacar Ndiaye l’a indiqué dans un entretien avec JM France, la guitare incorpore dans le spectacle des sons venus d’ailleurs, soulignant l’idée de l’importance d’épouser des cultures différentes.
Une culture on est assis dessus, on ne la voit pas sans l’autre, dit Ndiaye. Vivre avec autrui nous permet de savoir qui nous sommes ». Voyage sans visa doit son inspiration au désir de voyager sans restriction et d’en apprendre. Le message était manifesté à travers ses paroles, ses gestes et la musique de Mbaye et Paamath. Ndiaye a ouvert le spectacle en exprimant l’importance de regarder les oiseaux voler, puisque leur liberté de voler leur permet de voir le monde sans contrainte, une liberté dont les conteurs espèrent jouir un jour.
L’événement a été organisé par Katherine Dauge-Roth, professeure et chef du département des langues et littératures romanes, avec le soutien des départements d’études africaines, d’histoire et de musique, ainsi que le Blythe Bikel Edwards Fund. Les conteurs-musiciens ont participé dans le cours de Dauge-Roth sur l’oralité et l’écrit, ainsi que dans ceux d’autres professeurs d’études francophones et d’histoire, où ils ont partagé avec les étudiants leurs arts de la tradition orale sénégalaise, le rôle du griot et leurs expériences personnelles de l’immigration. Ils ont également dirigé un atelier de conte et de danse avec les étudiants.
D’après Ndiaye, « Le conte amène la musique, la musique raconte une histoire, les deux ne font qu’une seule voix. » Cette voix puissante a fait écho auprès du public. Parmi celui-ci étaient de nombreux membres de la communauté immigrée francophone qui ont participé au succès de la soirée et ont témoigné de leur appréciation de la performance des artistes lors de la discussion avec Ndiaye qui a suivi le spectacle.

Dylan Bess est étudiant spécialisé en études francophones à Bowdoin College.