By Vincent Kende Niebede

Translated from the French by Damascene Hakuzimana

L’information est confirmée par le groupe terroriste, la province de l’État Islamique d’Afrique de l’Ouest (ISWAP). Abubakar Shekau s’est tué après avoir fait sauter sa ceinture explosive le 19 mai 2021 après s’être retranché avec ses hommes dans la forêt de Sambisa. Une forêt dense, située dans le nord-est du Nigeria, plus précisément au sud-ouest du parc national du Bassin du Lac Tchad.

Les hommes d’Abu Musab Albarnawi, leader de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), ont investi la forêt de Sambisa à la recherche d’Abubakar Shekau, qu’ils qualifient de désobéissant. « Shekau a opposé un refus de se rendre aux hommes de l’ISWAP, déclenchant sa ceinture explosive pour ne pas se faire prendre », explique Dr Remadji Hoinathy, chercheur principal au Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest, le Sahel et le bassin du Lac Tchad, de l’Institut d’Études de sécurité en Afrique. Il persiste et signe que le numéro un de Boko Haram est mort, parce que selon lui, « Bako Gorgor, l’un des commandants de l’État Islamique qui dirigeait les opérations contre le leader de la secte Boko Haram, est mort dans l’explosion », a-t-il expliqué.

Isaac Dimanche, journaliste basé au Tchad, chercheur sur le terrorisme, indique « ISWAP ne partage pas la manière dont Boko Haram conduit et exercent ses violences. C’est dans ce contexte que la province de l’État Islamique en Afrique de l’Ouest, ISWAP, s’est séparée de Boko Haram, parce que leur leader n’obéissait pas aux ordres du chef de l’Etat Islamique basé en Irak ». 

La mort du leader de Boko Haram, est d’une part accueillie comme une bonne nouvelle. Parce que la disparition d’Abubakar Shekau le leader, est un coup dure pour la secte islamiste Boko-Haram. Une disparition qui l’affaiblit dans sa capacité à frapper et à se réorganiser.

 

Mais selon l’expert Remadji Hoinathy, la mort d’Abubakar Shekau entraînera des violences dans les pays du bassin du Lac Tchad car, explique-t il, la forêt de Sambisa dans laquelle le leader de Boko Haram est tué, était une base où Shekau cachait ses armes et munitions. « Cette forêt de Sambisa n’est pas tombée sous le feu de la force du Nigeria ni par la force multinationale mixte qui combat les groupes armés terroristes dans le bassin du lac Tchad ». L’expert de poursuivre que « le danger c’est que l’ISWAP va récupérer les fidèles de Shekau et récupérer ses armes et minutions », fait savoir Dr Remadji Hoinathy, chercheur de l’Institut en Afrique de sécurité.

Des experts expliquent que l’État islamique a perdu du terrain en Syrie, en Libye et souhaite s’installer dans le bassin du lac Tchad. La mort d’Abubakar Shekau, leader de Boko Haram, ne va pas ramener la paix, mais va permettre à l’ISWAP d’avoir un champ libre dans le bassin du Lac Tchad, ce qui n’est pas bon. L’organisation terroriste aura désormais en face l’État du Nigeria, le Niger, le Cameroun et le Tchad.